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  • Photo du rédacteurPhilippe St-Laurent

Faire un ménage du printemps dans nos vies

Nous sommes au temps de l’année où plusieurs s’adonnent à ce qu’on appelle le « ménage du printemps ». On sort le plumeau, la vadrouille, les produits nettoyants et tout y passe. On s’occupe des endroits mal-aimés qui ne sont pas nettoyés aussi fréquemment que les autres. On essaie parfois aussi d’épurer notre environnement. Revoir ce dont nous avons vraiment besoin et ce dont nous voulons nous débarrasser, pour demeurer en équilibre.


En s’assurant qu’au moins une fois par année nous nous arrêtons pour faire un rafraîchissement plus exhaustif de notre chez-soi, cela permet ensuite de reprendre notre quotidien avec plus de liberté et de légèreté. En quelque sorte, on s’assure d’entretenir tout ce qu’on apprécie de notre cocon de vie (sa propreté, son organisation, son style, son confort), mais aussi de laisser aller ce qui est désormais de trop et qui pourrait affecter ce milieu de bien-être (encombrement, saleté, etc).


Pour certains, la conséquence de ne pas tenir ce « ménage du printemps » serait de perdre un certain contrôle. Dans un monde où tout va vite, accumuler trop de projets pour ce que notre énergie nous permet de réaliser à court terme est trop facile. L’accumulation de la tâche peut nous démotiver et augmenter les chances que nous reportions à demain ce qui doit être fait. Ne pas s’adonner à cet exercice annuel amène aussi la possibilité de vivre de l’angoisse au quotidien. Il devient très facile de tomber dans un certain cercle vicieux qui ressemble à quelque chose comme suit : la tâche nous décourage, nous procrastinons, la tâche grandit et nous décourage encore plus, et ainsi de suite.


Dans cette introduction, jusqu’à présent, il était question de l’entretien de notre environnement physique et de la tradition du « ménage du printemps » qui s’y rattache. Mais qu’en est-il de l’entretien que nous faisons de nos relations interpersonnelles? Du sens de la vie que nous puisons dans notre quotidien? De notre équilibre émotionnel? La question se pose : quand fut la dernière fois où vous vous êtes assis en toute franchise pour faire l’examen de votre satisfaction envers ces points? Notre univers intérieur ne mérite-t-il pas la même attention que notre univers extérieur?


Les membres de l’entourage de personnes atteintes de maladie mentale rencontreront des stress uniques au cours de chaque année, et donc bien sûr, de leur vie. Être près d’une personne en souffrance nous met à risque d’en être affecté d’une multitude de manières. On en vient à accumuler des insatisfactions relationnelles. Ces insatisfactions ont tendance à se transformer sournoisement en quelque chose de pire si elles ne sont pas traitées au fur et à mesure. Je fais une comparaison avec le ménage du printemps ici : si nous le réalisons année après année, nous aurons probablement moins d’efforts à y mettre que si nous nous y penchons rarement (voire jamais pour la plupart des gens!). C’est la même chose pour la richesse de notre « univers social ». Si nous nous assoyons avec nous-même pour faire le point, faire un « ménage de printemps » de notre vie sociale, nous avons moins de risques de porter avec nous des tensions qui n’en valent pas la peine toute l’année durant. Souvenons-nous aussi que plus nous attendons avant d’adresser un enjeu (que ce soit une tâche ménagère ou un enjeu relationnel), plus il devient difficile de s’y pencher, car il grossit avec le temps. Voyons maintenant certaines pistes pour vous faire avancer de manière plus sincère dans votre degré de satisfaction envers votre univers social. Un ménage du printemps s’impose peut-être?

 

Un premier outil pour faire le point


Comme nous l’avons exploré plus tôt, l’accumulation de tâches ménagères sur de longues périodes rend d’autant plus difficile d’entamer le travail. Le poids que représente ce projet et notre sensation de stress augmentent avec le temps. Notre motivation et notre énergie, quant à elles, descendent dû à ce stress qui est taxant pour le corps et l’esprit. Le risque est le même pour les relations interpersonnelles que nous cultivons. Plus nous vivons une relation marquée par le conflit longtemps, plus nous sommes inconfortables de l’adresser, et plus nous évitons de l’adresser. 


Ce constat souligne le caractère essentiel de prendre un moment d’arrêt pour évaluer la satisfaction de notre univers social d’une manière plus intentionnelle et exhaustive. 

Est-ce que mes relations sont mutuellement satisfaisantes? Qu’est-ce qui me le démontre?

Est-ce que ce groupe de personnes contribue d’une quelconque manière au sens que j’accorde à ma vie?


Parmi tous les groupes différents de mon entourage, est-ce que je suis en mesure d’identifier certains qui sont principalement gratifiants, ou à l’inverse, principalement insatisfaisants?


Ces questions, la plupart des gens ne s’arrêtent pas pour s’y pencher avec une réelle volonté d’y changer quelque chose. Pour nous aider à rendre le tout plus concret, il est possible de se donner des outils visuels qui nous aideront à bien garder en vue les aspects de notre vie sociale qui méritent d’être bonifiés, et ceux qui méritent peut-être qu’on y accorde moins de notre énergie limitée, afin de ne pas la gaspiller. Je propose aujourd’hui de remplir votre propre « carte de réseau social » pour aider à faire ce « ménage du printemps » social.



À la manière du ménage de printemps, je vous propose d’isoler dans votre horaire une période brève, mais au processus de réflexion plus intensif qu’à l’habitude, pour faire le point sur la qualité de vos relations humaines. La carte du réseau social est souvent utilisée en services d’aide psychosociaux pour visualiser les pans de notre vie qui sont sous-valorisés, et ceux que nous valorisons peut-être trop sans nécessairement en retirer du sens ou de la gratitude. Voici ce que je propose comme exercice personnel :


  1. S’imprimer deux copies de la carte ci-haut.

  2. Identifier une copie comme étant celle qui illustrera vos insatisfactions reliées à des personnes, et l’autre copie vous servira à illustrer vos satisfactions reliées à ces mêmes personnes importantes ou à d’autres personnes.

  3. Portez votre attention sur la carte de satisfaction ou d’insatisfaction (au choix) en premier, et écrivez les personnes-clés figurant dans chaque catégorie (famille, loisir, travail, services). Commencez par cibler 3 personnes par catégorie, celles qui sont le plus significatives dans votre vie pour chacun des contextes. Pour vous aider à choisir ces personnes-clés concernées par votre « ménage du printemps social », posez-vous la question suivante : « Est-ce que cette personne a un fort pouvoir d’influence sur mes humeurs et mes pensées, par ses actions ou ses propos? ».

  4. Lorsque vous avez rempli la première feuille de noms bien « classés » dans leurs zones respectives, faites de même avec l’autre feuille. Les deux feuilles peuvent partager les mêmes noms, car certaines personnes ont de l’influence sur nos états d’âme pour le meilleur et pour le pire!

  5. Gardez ces deux feuilles remplies de noms classés par groupes (famille, loisir, travail, services). Sous chacun des noms, faites la liste des raisons principales pour lesquelles chaque personne est source de satisfaction/insatisfaction (exemple : sa manière d’être, la qualité de notre communication avec cette personne, comment elle exprime ses émotions, le respect qu’elle démontre ou non, etc). 

  6. Analysez les deux feuilles en répondant aux questions suivantes : 

  • Quelle feuille contient le plus de détails? Laquelle est la moins développée? Constatez.

  • Quelle catégorie contient le plus de satisfaction? Quelle catégorie contient le plus d’insatisfaction? Constatez.

  • Quels sont mes choix/comportements qui contribuent à maintenir un contexte insatisfaisant dans ces relations, et que je pourrais réduire ou cesser? À l’inverse, quels sont mes choix/comportements à poursuivre qui permettent aux contextes satisfaisants de se poursuivre?

 

Au ménage!


Cet exercice nous permet de prendre du recul en s’assurant d’investir nos énergies envers des aspects que nous contrôlons totalement. Nous ne choisirons jamais les manières d’être des autres envers nous. Nous ne choisirons jamais les réponses des autres envers nous. Nous ne contrôlerons jamais les événements de notre environnement. Ceci dit, nous aurons toujours le devoir de choisir nos mots et nos comportements, que ce soit pour nous ou pour nos êtres chers qui méritent le meilleur de nous.


Trop souvent, les membres de l’entourage de personnes atteintes de maladie mentale cultivent et entretiennent des relations marquées par la négativité, les remords, la culpabilité, l’anxiété, l’inquiétude, les conflits et bien d’autres. Nous sommes susceptibles de maintenir ces climats toxiques envers nos proches atteints parce que nous nous sentons indispensables à leur protection. Nous nous sentons indispensables à leur rétablissement, parce que sinon « qui sera là à ma place? ».


Si vous vous reconnaissez dans cette description, Le Portail est l’endroit idéal pour y voir plus clair. Vous pouvez réduire certaines implications, laisser plus de place à d’autres ou prendre davantage de temps pour des projets très personnels.


L’exercice de la carte du réseau social vous permettra de faire vos choix et de recalibrer le degré d’énergie investi dans différentes relations. Certains changements dans vos choix seront plus clairement accessibles, mais d’autres pourraient faire jaillir du stress en vous. Pour ces relations insatisfaisantes qui sont trop difficiles à changer par peur des conséquences qu’on pourrait en vivre, Le Portail est là pour vous guider.




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