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  • Philippe St-Laurent

Démarrer l'année avec un objectif pour soi

Engendrer le changement


Avec la nouvelle année qui commence, nous serons plusieurs à choisir des résolutions afin d’engendrer un changement positif dans nos vies. Certains porteront leur attention sur des aspects de leur santé, d’autres sur leur bien-être, ou encore sur leurs relations.


Cependant, en ce qui concerne les familles que nous avons l’opportunité de rencontrer au Portail, on remarque que penser au bien-être des autres vient avec plus de facilité que de penser au leur, surtout avec leur proche vivant la maladie mentale. Ils ont développé le réflexe de se préoccuper de leur proche, de répondre à ses besoins, d’être une présence positive pour son rétablissement. Pour plusieurs d’entre eux, leur bonheur rime avec celui de l’autre. Pour cette raison, en ce mois de janvier, je me doute qu’un bon nombre de familles choisiront de nouvelles résolutions qui viseront à améliorer le quotidien d’une personne qui leur est chère. Plusieurs voudront faire en sorte que leur proche soit plus heureux, qu’il se trouve un emploi, qu’il retourne à l’école, qu’il socialise davantage… Bref, des souhaits remplis de bonne foi et d’amour…


Malheureusement, la maladie mentale rend ces changements plus difficiles par moments : perceptions différentes, émotions négatives, manque d’énergie, faible estime de soi, etc. Cette réalité soulève une question importante : ces souhaits, ces conseils, ces efforts variés pour convaincre notre proche d’agir sont-ils la meilleure manière d’utiliser notre énergie pour améliorer notre qualité de vie et la sienne? La réponse n’est souvent pas simple. Certains constateront que leur proche répond positivement à ces efforts, tandis que d’autres feront face à un mur pour toutes sortes de raisons.


Ce n’est pas un secret, il est difficile d’engendrer le changement chez quelqu’un d’autre. Malheureusement, pour les membres de l’entourage d’une personne atteinte, c’est parfois même encore plus difficile dû aux différents écarts d’opinions et de perceptions envers les difficultés rencontrées. Ces écarts mènent souvent à des discussions où l’on essaie d’influencer, de convaincre, de persuader grâce aux meilleurs arguments. Ces dynamiques mènent trop souvent à des tensions et des conflits qui forment un obstacle de plus au rétablissement. Simplement dit, l’aide imposée freine le changement. Les gens changent lorsqu’ils le choisissent.


Le Portail est là pour vous aider à soutenir votre proche vers des changements qu’il aura choisis, pour des résultats positifs durables (tâche qui semble bien plus simple qu’elle ne l’est réellement). En attendant, vous méritez de vous accorder la même attention que vous accordez aux gens qui vous sont chers. Voici un souhait pour vous en cette nouvelle année : permettez-vous de diriger votre énergie positive vers vous-même! Je vous encourage à réfléchir aux choses qui donnent du sens à votre vie, indépendamment des choix et des évènements qui sortent de votre contrôle. Ciblez quelque chose de personnel, sur lequel vous pouvez agir avec une constance et que vous savez être sain pour vous. Plusieurs ne sauront même pas ce que cette chose pourrait être! Preuve que dans l’aide à l’autre, on peut s’oublier soi-même. Mais il n’est jamais trop tard pour commencer…


L’importance de prendre du recul


C’est surprenant, mais prendre un peu de recul de notre rôle d’aidant pour se prioriser encourage le changement chez notre proche aussi! En effet, être incapable de prendre du recul pour se ressourcer nous met à risque de tomber dans un piège qu’on ne voit pas venir : la codépendance.


Permettez-moi une parenthèse pour expliquer cela. Quand on combine une personne dans le besoin et une personne empathique, on obtient parfois une relation de codépendance sur le plan affectif. D’un côté, l’aidant peut devenir dépendant de l’aidé, parce que ce dernier lui permet de maintenir une image de soi qui lui plaît : une identité bienveillante, généreuse et attentionnée. De l’autre, l’aidé peut devenir dépendant de l’aidant en développant l’idée qu’il serait perdu s’il était laissé à lui-même. Ces deux sentiments peuvent nuire au rétablissement quand ils se présentent en excès et sont des façons incomplètes de voir les choses. Il est tout à fait possible qu’en maintenant une relation de codépendance, l’aidant et l’aidé répriment la capacité de la personne atteinte à développer son plein potentiel sans même s’en rendre compte (et ça, personne ne le souhaite). Imaginons un parent qui a toujours attaché les souliers de son enfant à sa place. Il est alors tout à fait normal que l’enfant ne soit pas capable de le faire lui-même, le parent n’ayant pas encouragé son enfant à l’essayer, le mémoriser. Ce même principe peut s’appliquer à des thèmes touchant la santé mentale comme la gestion du stress, l’organisation, remettre en question nos idées intrusives et bien d’autres.


Pour revenir au sujet initial, prendre un recul calculé et laisser l’espace à notre proche atteint de contribuer de manière positive et concrète aux défis de la vie peut lui être immensément bénéfique. Contribuer de la sorte permet à la personne atteinte d’être fière d’elle et de développer une image plus compétente de sa personne. Se prioriser en tant que membre de l’entourage dans des moments-clés encourage notre proche à contribuer davantage à la résolution de ses enjeux, et donc, d’en retirer le mérite! On permet au « cercle vertueux » du sentiment de compétence de remplacer le « cercle vicieux » de la codépendance.


Cette année, ciblez un changement qui ajoute du sens à votre quotidien. Permettez-vous de porter une attention particulière à votre bien-être, et n’oubliez pas que Le Portail est là pour vous accompagner dans cette résolution. Par amour pour votre proche, prenez soin de vous.




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